Bois sur pied en forêt privée, 2016

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Fordaq JT
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Cyril Le Picard, président de France Bois Forêt (Photos: JT)

Pourquoi s'intéresse-t-on tellement en France et depuis si longtemps au prix des bois sur pied ? Les ventes ONF d'automne sont scrutées et décortiquées chaque année. Depuis des décennies, la famille Chavet publie dans le cadre de la revue La forêt privée ses cours des bois sur pied, avec persévérance et fiabilité. De leur côté, les experts forestiers ont mis sur pied un indice à partir des ventes groupées, depuis 2004. Et depuis 2013, cet indice est porté par France Bois Forêt en associant l'ASFFOR, l'EFF et la Société Forestière. Et pourtant, on n'y voit pas clair.

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Pierre Achard, président ASFFOR 

Le prix du bois sur pied, c'est au plus loin de la matière première utile. En premier lieu, cela doit permettre à un propriétaire de mieux estimer la valeur de son bien, et l'évolution de cette valeur. Ceci pour le pousser à exploiter, ou au contraire pour l'inciter à retarder la mobilisation. Dans l'intérêt du propriétaire, un tel indice devrait être objectif, et c'est pourquoi on peut s'interroger sur l'absence de Fransylva comme partie prenante de ces indices, sinon par l'intermédiaire de France Bois Forêt. La seconde fonction de ces indices, c'est d'inciter les propriétaires, justement, à mobiliser. Par exemple, pour le Douglas, il est souligné qu'il ne sert à rien de dépasser un certain cubage, dès que les grumes ne passent plus dans les canters, les prix chutent. Est-ce vrai dans tous les cas ou spécifiquement dans celui des ventes groupées, ces dernières sont-elles représentatives des actes de vente des propriétaires forestiers ? 

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Philippe Gourmain, président EFF 

Les parties prenantes de l'indice auront tendance à dire que oui. La troisième fonction, c'est de s'y retrouver à partir des ventes de lots souvent mixtes, avec des peuplements et des qualités souvent hétérogènes, des conditions climatiques et des conditions d'exploitation très variables. Quand on entend que les prix sur pied des résineux varient de 40% entre le Nord et la moitié Sud, on se rend compte à quel point la recherche d'un prix moyen est une chimère. D'autant que le martelage est une opération tellement fastidieuse qu'elle ne s'accompagne pas toujours d'un cubage fiable. Il y a du flou dans ce qui est mis en vente, sans compter que les prix sont faits, sauf prix de retrait, par l'offre qui n'est pas une offre ouverte à tous. Au final, ce monde de l'amont est un réservoir de professions et de sachants tirant profit de la complexité sans doute incompressible de la réalité. Il reste qu'en aval, la transformation aurait besoin de repères, surtout à une époque où le marché glisse vers le contrat d'approvisionnement. Les besoins de repères sont au moins européens, voire mondiaux, mais on sait bien qu'il n'existe pas de bourse du bois comme en Amérique, pas de marché spot. 

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Gilles Seigle, président de la Société Forestière 

Pour l'instant, la question de la constitution de telles plateformes ne se pose même pas. L'heure est à tenter péniblement d'intégrer les données ONF à celle de la forêt privée, tandis que la lisibilité même des ventes de bois sur pied est impactée par les contrats. On peut se demander s'il ne vaudrait pas d'emblée viser un indice pour des bois façonnés, à défaut des prix rendus scierie que certaines coopératives établissent, et qui sont encore plus proches des besoins du marché aval. Selon Eric Toppan, l'économiste de FBF, l'intégration des données ONF est en cours mais prendra encore un ou deux ans, toujours sur le segment des bois sur pied. En attendant, on constate que les résultats présentés par l'ONF pour 2016 ne sont pas bons, tandis que l'indice privé donne un signal inverse. Ce n'est pas cohérent et l'indice privé n'est donc pas crédible, sauf par rapport à son propre périmètre. 

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Frédéric Moutier, Société Forestière 

D'un autre côté, l'indice privé est ce dont on dispose de plus pointu aujourd'hui et c'est en quelque sorte la référence de fait. Surtout maintenant que l'indice produit dans le cadre de FBF atteint sa quatrième année. Nota bene, les graphiques indiquent les prix en euros courants par cubage, pas des indices sur base 100 ; pas des tendances brutes dégagées par une moyenne d'opinions. C'est du lourd, à se demander d'ailleurs si une telle précision est disponible dans les autres pays européens. En d'autres termes, au moins pour les feuillus principaux, l'indice privé est en passe de devenir une vraie référence européenne, si ce n'est, justement, que l'Europe a tendance à ne plus raisonner à partir du bois sur pied. 

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François Hauet, sec. gén. EFF 

Il y a donc de quoi être fier de l'indice, comme de la tendance qu'il indique actuellement, plutôt favorable. Mais il ne faut pas se voiler la face, la filière bois est encore loin d'avoir refait son retard par rapport à d'autres matériaux, surtout dans le domaine de la construction qui absorbe une part considérable du bois d'oeuvre. Il va sans doute falloir aller vite beaucoup plus loin.

 

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Eric Toppan, de fait le seul économiste de la filière bois 

Lire le communiqué

Lire l'indicateur 2017

Lire la présentation

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Jean Marc Peneau
Bonjour Article à compléter en rappelant que les producteurs offrent un produit Hétérogènes avec des couts de mobilisation très variables 2 Précisions Pour les producteurs UNE SEULE chose est intéressante: le revenu net /Ha Pour les utilisateurs un prix rendu usine au M3 ou à la Tonne MAIS quel industriel du bois est pret à le donner officiellement ? DONC en attendant l'indice privé devient un bel outil de travail avec ses 4 années de recul affinées Forestièrement JM Péneau